© Claude Huré sur une phote de Claude Huré

 

Ces yeux m'ont poursuivie longtemps après mon départ. Je savais que jamais je ne reverrais Eloan, cet enfant qui m'avait pris par la main, le jour de mon arrivée à Shonaï. A croire qu'il m'attendait, moi, sur le quai de la gare ! Avec Eloan, j'ai visité le pays en long en large. Il était seul, j'étais seule. A deux, nous étions forts ! Moi, j'étais venue pour faire un reportage sur la famine  interminable qui condamne ce pays. J'ai fait le reportage que voulait le journal pour lequel je bossais. Je l'ai bien vendu ce reportage ...

Comme je ne pouvais pas oublier les yeux, le regard d'Eloan, j'ai pris un congé sabbatique et je suis retournée à Shonaï. Il était là, il m'a vue, m'a souri et je l'ai pris dans mes bras. Depuis, je suis restée là-bas et je souris à la vie, je ris avec Eloan et je suis forte ! Nous ne sommes plus seuls !